Ambassade de France près le Saint-Siège

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Après la chute de l'Empire, une partie de la famille Bonaparte, Madame mère (Laetitia), le cardinal Fesch, oncle de Napoléon, certain de ses frères s'installent sous la protection du pape Pie VII (le prisonnier de Fontainebleau qui avait sacré Napoléon). La sœur de Napoléon, Pauline, princesse Borghèse, qui avait suivi l'Empereur déchu à l'Île d'Elbe, les rejoint en 1815 et acquiert la villa Valenti. Elle y entreprend d'importants travaux inscrivant ainsi le style Empire dans l'architecture romaine du XVIIIe siècle. À la mort de Pauline en 1825, la villa passa à ses neveux et à leurs descendants jusqu'en 1906 date à laquelle elle fut vendue... au gouvernement prussien qui y installa sa légation près le Saint-Siège en 1908, ambassade d'Allemagne entre 1920 et 1944. En 1945, les biens du Reich étant confisqués par les Alliés, la France en fit l'acquisition pour y installer sa représentation près le Saint-Siège. La plus ancienne de nos ambassades avait jusque-là pérégriné d'un palais à l'autre. Après le palais Farnèse au XVIe siècle puis le palais Madame (l'actuel Sénat), le cardinal de Bernis l'installa sur le Corso, au palais de Carolis (siège de la Banca di Roma). Du palais Colonna au palais Primoli, l'ambassade avait finalement migré au palais Taverna d'où Wladimir d'Ormesson déménagea à la villa Bonaparte le 15 décembre 1950.

Récemment, un vaste programme de restauration a permis de redonner à la villa sa beauté d'autrefois. Ici et là, les badigeons recouvraient encore des décors créés au temps du cardinal et de Pauline. La plupart furent mis à jour et restaurés. Le Mobilier national choisit des ensembles d'époque Empire qui rendirent son lustre à la villa Bonaparte. Ainsi fut conservé à cette demeure son caractère marqué dès l'origine par le sens italien de la beauté et l'art de vivre à la française.

D'après "La villa Bonaparte" de Bernard Hulin, avec son aimable autorisation, édizioni de Luca, 1998

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