Ambassade de France près le Saint-Siège

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Dans le cadre de la Quinzaine del Mediterraneo Conférence-débat, à l'Ambassade de France près le Saint-Siège, le mercredi 19 novembre à 18h. S.E.R. Mgr Henri Teissier, archevêque émérite d'Alger. Joseph Maïla, ancien Recteur de l'Institut catholique de Paris. Roberto Papini, secrétaire général de l’Institut international Jacques Maritain. Entrée libre avec inscription obligatoire avant le 14 novembre tél. 06 42 03 09 25/00
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Les débats du moment Le dialogue institutionnel entre le Gouvernement français et l'Église catholique

La laïcité française est aujourd'hui devenue un lieu de compromis juridique et de dialogue. La loi de 1905, qui consacre la liberté de conscience, fonde, en effet, un régime de libertés publiques : la liberté est la règle, l'interdiction l'exception ; encore la restriction à cette liberté doit-elle être nécessaire au maintien de l'ordre public, et proportionnée.

Dans le régime de la laïcité française, la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne signifie pas pour autant l'ignorance mutuelle. La laïcité est, au contraire, un principe souple qui fait place à un dialogue entre autorités religieuses et politiques, comme en attestent notamment le " dialogue institutionnel " mis en place avec l'Eglise catholique depuis 2002, les échanges réguliers avec les représentants de la religion juive et la création du Conseil français du culte musulman.

Face aux revendications identitaires et communautaires qui se développent, la France réaffirme son attachement au principe de laïcité. Afin de faire le point sur l'application du principe de laïcité dans la République, une commission de réflexion a été mise en place le 3 juillet 2003 par le Chef de l'Etat. Présidée par M. Bernard Stasi, elle a remis ses propositions le 11 décembre 2003. Ses travaux ont confirmé l'existence de comportements de type fondamentaliste dans les services publics et notamment dans le cadre scolaire. En se fondant sur son travail, le Président Jacques Chirac s'est prononcé, le 17 décembre 2003, en faveur de lois qui, sans " la refonder, ni en modifier les frontières ", réaffirment la laïcité à l'école publique, dans les hôpitaux et, au besoin, sur les lieux de travail.

Une loi a ainsi été adoptée le 15 mars 2004 par le Parlement : en interdisant, dans les écoles, collèges et lycées publics, et eux seuls, " le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse ", elle réaffirme que l'école publique demeure un lieu de formation des enfants et de transmission du savoir, à l'abri de toute propagande religieuse, où l'égalité entre tous est absolument défendue. Ce texte laisse à chaque élève la possibilité de porter un symbole religieux visible, mais discret et compatible avec le fonctionnement du service. En revanche, les manifestations ostensibles d'une appartenance religieuse seront interdites, afin d'éviter les risques de prosélytisme ou tout comportement pouvant troubler le bon fonctionnement des établissements scolaires (refus de suivre certains cours, remise en cause de la mixité etc.). Le dialogue avec l'élève sera le préalable nécessaire avant toute décision. Cette mesure, prise dans le prolongement de textes antérieurs, après avoir été largement débattue dans tout le pays. Bien entendu, ce texte n'affecte en rien la liberté de pratiquer sa religion et de manifester sa croyance en public ; les établissements confessionnels ne sont pas concernés. [suite]